Diab et l'humour

Diab et l'humour

Certains ont pensé qu'il fallait donner une chance au gouvernement Diab et c'est bien dommage puisqu'ils ont dû ajouter une désillusion de plus à la liste déjà longue de celles que les libanais doivent subir tous les jours.

Il faut en effet admettre que très vite la réalité s'est imposée, rappelant aux bonnes âmes que ce gouvernement n'était que l'émanation du club de l'entente présidentielle. Il y a ceux qui l'ont formé et il y a ceux qui se sont placés en soutien. Ceux qui l'ont formé lui ont accordé la confiance et ceux qui sont restés en soutien, faisant fi de l'opposition populaire, ont assuré le quorum pour que le vote de confiance puisse avoir lieu.

Cette opposition populaire qui est restée si divisée qu'elle n'a pas été en mesure au final d'inquiéter les membres du Club alors qu'à un moment elle était parvenue à les désorienter. Forcément quand le nombrilisme empêche la création d'une coalition où tous ceux qui veulent s'opposer au Club peuvent se retrouver, c'est bien le Club qui reste le plus fort.

On aurait donc pu imaginer un instant, avec une large dose d'optimisme qui confine à la naïveté, que la vocation de ce gouvernement aurait été de prendre des mesures impopulaires imposées par la crise. Les tenants de l'entente  éviteraient ainsi d'assumer le poids des reformes mais reviendraient aux affaires une fois le ménage terminé.

Loin s'en faut, les optimistes semblaient avoir oublié qu'un quelconque ménage aurait dû, pour se faire, emporter précisément et préalablement le Club et ses membres.

Mais alors à quoi servent Monsieur Diab et ses ministres ? Pas à grand chose mais cela ne les empêche pas de rester au garde-à-vous pour procéder aux nominations qui leurs sont dictées et pour approuver les projets qui leurs sont fermement suggérés. Sur ces deux plans d'ailleurs, le gouvernement n'a pas démérité ne déviant en rien aux instructions reçues. Ses parrains auraient dû être satisfaits.

Cependant malgré sa servilité le gouvernement reste sans paternité. Il suffit de voir comment Monsieur Bassil s'en est lavé les mains prétendant, avec cette audace qui le caractérise, qu'au moment de la formation de l'équipe ministerielle, il ne s'était mêlé de rien se limitant à approuver le choix des autres. Pour le croire, il faudrait imaginer qu'hormis les ministres de Amal, du Hezbollah et des Marada, tous les autres membres du gouvernement avaient été choisis par Monsieur Diab. La ficelle est si grosse qu'elle fait sourire.

Pourquoi cette insistence, par ailleurs dénuée de toute crédibilité, à renier aussi allègrement un gouvernement qu'ils ont pourtant formé ? Tout simplement parce qu'il n'est pas appelé à réussir. Hormis d'exécuter quelques basses besognes, Il se contente de remplir le vide. C'est d'ailleurs cette fonction peu reluisante que Monsieur Diab a brandi avec fierté pour justifier le maintien en place de son équipe.

Remplir le vide pour gagner du temps. La crise s'aggrave sans personne à la barre et le temps, que le gouvernement s'emploie à perdre, ne fait qu'aggraver la situation.

Mais perdre du temps reste un art et en cela Monsieur Diab et son équipe excellent! Il ne suffit pas de perdre son temps il faut aussi aider la population exsangue à le passer.

Voilà comment doivent se comprendre les declarations sidérantes de Monsieur Diab et de ses collègues. Lorsque notre premier ministre parle de 97% de réalisations ou accuse Monsieur Le drian de ne pas connaître ses dossiers ou qu'il interpelle les libanais pour savoir où est l'Etat ou qu'il évoque des coups d'Etat mysterieux ... il semble avoir à coeur de faire rire les libanais. Même s'il est généralement plus risible que drôle il faut admettre qu'il y parvient parfois.

Alors ceux qui demandent à notre Premier Ministre de bien vouloir se taire ont bien tort. Face à l'inanité de ce gouvernement, à la résilience du Club et au manque de cohésion des opposants et des activistes, il reste l'humour populaire pour ne pas dire la dérision que Monsieur Diab et son gouvernement continuent d'alimenter bien malgré eux.

 

Liberum

Source: Kataeb.org