Le Liban franchit le seuil des 7.000 décès

Le Liban franchit le seuil des 7.000 décès

Avec 32 décès enregistrés au cours des dernières 24h, le Liban a franchi mercredi le triste seuil des 7.000 morts dues au Covid-19, depuis l'apparition de la pandémie dans le pays en février de l'année dernière. La barre des 6.000 morts avait été franchie il y a un peu moins d'un mois, le 26 mars. Aux 7.027 décès s'ajoutent, selon le rapport du ministère de la Santé, 2.082 nouvelles contaminations, qui portent le total de cas déclarés à 515.088. Sur ce nombre, 433.987 personnes ont guéri. Parmi les cas toujours actifs, on dénombre 1.606 patients hospitalisés, dont 721 en soins intensifs. Le taux de propagation par rapport au nombre de tests effectués au cours des 14 derniers jours est de 13,2 %, un chiffre en baisse depuis plusieurs semaines.

Comme l'avait déjà exprimé en début de semaine le président de la commission parlementaire de la santé, Assem Araji, le chef de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, Firas Abiad, a évoqué une "amélioration" des indicateurs sanitaires, qu'il s'agisse de la baisse du nombre de cas quotidiens, d'hospitalisations et de décès ainsi que du taux de positivité des tests de dépistage. Dans une série de tweets, il a expliqué cette embellie par une combinaison de différents facteurs, comme les mesures de restriction et l'immunisation d'une partie de la population post-contamination et post-vaccination. Il a dans ce contexte souligné que le fait que 45 % de la population puisse être immunisée, dont 40 % après avoir contracté le virus, n'était pas suffisant pour atteindre l'immunité de masse, mais pouvait "aider à diminuer la transmission communautaire". Le Dr Abiad a toutefois contredit une hypothèse avancée la veille par Assem Araji selon laquelle la hausse des températures avait contribué à une amélioration de la situation sanitaire. "Le Covid n'est pas saisonnier et d'autres pays proches comme la Turquie enregistrent des records de contamination", a-t-il indiqué.

Vaccination des journalistes
En ce qui concerne la vaccination, 253.853 personnes ont reçu, depuis le 14 février, une première dose de vaccin et 134.684 les deux injections. Cela représente, selon les chiffres du ministère, respectivement 5,3 et 2,8 % de la population. Ces derniers jours, la campagne d'immunisation a été ouverte aux journalistes, enseignants et personnes de 55-64 ans sans comorbidités, qui sont désormais éligibles pour se faire vacciner avec AstraZeneca. Firas Abiad a d'ailleurs salué les journalistes qui étaient nombreux à se présenter à leur rendez-vous à l’hôpital Rafic Hariri "sans aucune inquiétude, contrairement à ce qu'on a pu lire dans des articles à sensation", le vaccin AstraZeneca ayant été mis sur la sellette dans certains pays en raison de rares cas de thromboses.

De son côté, le président du comité national en charge de la campagne de vaccination, le Dr Abdel Rahman el-Bizri, a rappelé lors d'un entretien télévisé que l'AstraZeneca était administré "conformément aux recommandations émises en Grande-Bretagne", c'est-à-dire aux personnes de plus de trente ans. Il a souligné que ce sérum était celui qui était "utilisé le plus couramment" dans le monde. 

Depuis le lancement de la campagne mi-février, le Liban a reçu 391.950 doses du vaccin Pfizer/BioNTech, en plus des lots du vaccin produit par AstraZeneca/Oxford, du chinois Sinopharm et du russe Spoutnik V. Ces deux derniers sont importés par le secteur privé.

En plus de la vaccination, et pour éviter une recrudescence des contaminations pendant le mois de ramadan, comme cela avait été le cas après les fêtes de fin d'année, un couvre-feu de 21h30 à 5h a été instauré dans tout le pays depuis une semaine. Il est par ailleurs interdit d'installer des tentes et d'organiser des banquets pour l'iftar, et les instances religieuses doivent limiter la fréquentation des lieux de culte à 30% de leur capacité d'accueil. Les restaurants peuvent ouvrir jusqu'à 21h30, tandis que les bars et boîtes de nuit demeurent fermés et les rassemblements sociaux prohibés. Les mesures établies lors des précédentes phases de déconfinement restent, elles, en vigueur.

Elles prévoient entre autres l'obtention d'autorisations sur la plateforme "Impact" pour certains déplacements, notamment pour se rendre dans des lieux considérés "à risque" comme les supermarchés, les banques et les centres commerciaux. Par ailleurs, les commissions parlementaires conjointes ont donné leur "accord de principe" à un projet de loi visant à assimiler les soignants décédés du coronavirus à des "martyrs de l'armée libanaise", ce qui permet à leurs familles de toucher des indemnités. Cette annonce a été faite par le vice-président du Parlement, Elie Ferzli, à l'issue d'une réunion des commissions. Ce texte doit encore être adopté par la Chambre pour pouvoir être appliqué. 

Source: Orient le jour